

Podcast Littératures sur paroles : Rencontre avec Céleste Germe
Dans "Littératures sur Paroles", son nouveau podcast hebdomadaire qui publie l'ntégralité de la 16e édition des Enjeux Contemporains, Collateral dévoile aujourd'hui la très belle rencontre de Céleste Germe avec Delphine Edy autour de son important travail dramaturgique de Das Plateau. Comment reprendre la parole quand tout autour de soi vous intime de vous taire ? C'est Delphine Edy qui propose de sonder cette oeuvre si le temps d'un grand entretien pour Littérature sur Paro

Céleste Germe
il y a 6 heures


Cracker l'époque : Romaric Godin (épisode 1)
Cette semaine nous recevons Romaric Godin, journaliste économique à Médiapart, à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage Le problème à trois corps du capitalisme. Sur la gestion autoritaire du désastre (et les moyens de lui faire face), publié aux éditions La Découverte (2026). À partir d’un diagnostic puissant de notre époque, nous explorons les liens entre crise économique, crise écologique et crise anthropologique. Pourquoi avons-nous le sentiment de vivre dans u

Cracker l'époque
il y a 1 jour


Annie Ernaux & Judith Godrèche : Mémoire, consentement et émancipation féminine (Mémoire de fille)
La première fois que j’ai lu Mémoire de fille d’Annie Ernaux, j’avais depuis longtemps dépassé l’âge de dix-huit ans, le même âge que la fille de ‘58. J’avais depuis longtemps laissé derrière moi ses insécurités, cette incapacité à savoir comment se comporter, ce besoin de plaire pour se sentir appartenir à un groupe, attitudes typiques de celles qui n’avaient pas reçu les outils sociaux et culturels nécessaires pour s’orienter dans le monde des adultes. De nombreuses années

Sara Durantini
il y a 2 jours


A propos de Paradisiaca. Un lac-opéra d’Elke de Rijcke
Elke de Rijcke (c) DR « au loin les Alpes se lèvent comme une nébuleuse tout cela est extrêmement réel » (Paradisiaca, 30) Dans Paradisiaca, Elke de Rijcke s’attaque à l’inextricable complexité du réel à partir de l’expérience du lac de Constance, le Bodensee. Dans son long poème, le lac s’incarne, vit et revit, est vécu et revécu par le prisme et la voix de personnages qui nous le donnent à éprouver. Un lac prend corps par la langue ; on assiste à ses métamorphoses (chang

Laure Gauthier
il y a 2 jours


Louisa Yousfi : « Je revendique le droit de disparaître dans le travail de la forme » (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) Anthony Francin/La Fabrique Avec La Grande méthode, Louisa Yousfi signe un livre important. Important par sa force narrative, celle qui permet de creuser au plus profond de soi pour interroger ce qui reste du père quand celui-ci vient à mourir. Un texte qui n’hésite pas à dissoudre toutes les frontières génériques pour venir sonder les régimes de vérité, les régimes de croyances et offrir une parole neuve qui cherche à situer où nous sommes. Occidentée, la v

Johan Faerber
il y a 3 jours


Olivier Smolders : Liberté et résistance : leçons d’une histoire belge (Horace Van Offel. Histoire d’une trahison)
Le nom d’Horace Van Offel (1876-1944) ne dit pas grand-chose au public français. Même en Belgique, il a été vite oublié, malgré son rôle dans un épisode capital de l’histoire politique et culturelle du pays. En 1940, pendant quatre mois, Van Offel fut en effet le rédacteur en chef du journal Le Soir, dit « Le Soir volé », organe de presse choisi par les Allemands comme outil de propagande de l’idéologie nazie (il n’y avait pas en Belgique d’équivalent de la NRF). Rapidement d

Jan Baetens
il y a 3 jours


Retour sur L’Île de Luna : Edgar Morin, du deuil au deuil
Edgar Morin © Sens Critique La disparition d’Edgar Morin invite à reconsidérer certaines de ses déclarations anciennes, qui prennent aujourd’hui une résonance trouble, presque rétrospective, comme si elles revenaient autrement à l’écoute. Elle conduit aussi à relire L’Île de Luna, publié chez Actes Sud en 2017, qui mettait en récit la mort de sa mère — évènement matriciel de son imaginaire — dans une forme de retour différé sur une scène fondatrice. La mort écrite dans le ro

Simona Crippa
il y a 4 jours


Mohamed Kacimi : Genèse d’un parcours (Feu de Dieu)
« Grâce à Sartre, Naziha m’a sauvé de la solitude : je comprends alors que je ne suis pas le seul enfant à refuser de porter le fardeau de Dieu » (p. 193) Le récit qui vient d’être édité – chez Actes Sud comme de nombreux écrits de Kacimi – Feu de Dieu, est tout à fait singulier par sa matière et sa virtuosité d’écriture qui, à mon sens, en fait une de ses créations, en dehors de l’écriture théâtrale, la plus achevée. Au fil des pages, nous sommes tour à tour enchantés, subj

Christiane Chaulet Achour
il y a 4 jours


Cracker l'époque : Mathilde Blézat (épisode 2)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Mathilde Blézat, autrice et journaliste, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Si on s’arrête, le monde s’arrête : manifeste pour la reconnaissance du travail gratuit, paru en 2026 aux éditions La Déferlante. Ce livre part d’un constat : si les mères, les retraitées, les travailleur·ses de l’aide à domicile et du nettoyage, ainsi que toutes les personnes qui prennent soin des autres faisaient grève, le monde ne fonc

Cracker l'époque
28 mai


Lénaïg Cariou : Les embrasures de la parole (Les Dires)
Lénaïg Cariou © Carole Desheulles / BnF Une ville qu’on quitte, des langues qui se cherchent, des paroles qu’on échange : c’est par ces motifs que l’on entre dans le deuxième livre de Lénaïg Cariou, paru aux éditons MF. D’À main levée (LansKine, 2024) aux Dires, la poète chemine d’un sens à l’autre, du toucher à l’ouïe, du contact entre les peaux aux circulations de bouche à oreille. Car c’est bien sous le signe de l’écoute que se place Les Dires, ensemble de « poèmes conver

Maud Lecacheur
27 mai


Barcelone, Godard et la fraternité des métaphores
(c) Jean-Michel Devésa Ricard Ripoll et moi, nous avons fait connaissance grâce au surréalisme et à une certaine littérature que nous aimons, laquelle englobe le Nouveau Roman et Tel Quel. Les mânes de René Crevel et de Salvador Dali, qui intellectuellement et affectivement étaient très proches, ont de fait été les parrains de notre amitié, c’était il y a longtemps, au tout début du XXIe siècle, Ricard, mon cadet de trois printemps, était en poste à l’Université Autonome de

Jean-Michel Devésa
27 mai


Une traversée nocturne stroboscopique au cœur de l’absence : 'Des hommes endormis' de Martin Crimp / mise en scène Ludovic Lagarde
Crédit photo - Marie Gioanni La pièce de Martin Crimp, Des hommes endormis – initialement une commande de Katie Mitchell pour la troupe du Deutsches Schauspielhaus de Hambourg (2018), traduite en français par Alice Zeniter – met en scène deux couples dans un appartement bourgeois : Julia et Paul ont tout donné à leurs carrières respectives, leur métier a tout rempli, ou plus exactement – on le comprend au fil des minutes qui s’écoulent – tout vidé. Même dans leur espace vita

Delphine Edy
26 mai


Fariba Hachtroudi : Edition et (in)visibilité (Guerre en Iran - Journal de bord 2025-2026)
« Je me couche à deux heures du matin, avec en tête un vœu simple, banal : dormir. Pourquoi est-elle si belle la nuit, et la rivière d’étoiles qui se déverse sur nous ? Nul doute, le plus beau refuge du monde est la langue des poètes de mon pays » (p. 88-89). Fariba Hachtroudi a publié de nombreux essais et récits ; on peut l’entendre dans certaines émissions de radio, lire parfois ses articles dans la presse. Elle est connue donc comme écrivaine et surtout comme militante

Christiane Chaulet Achour
26 mai


Cracker l'époque : Mathilde Blézat (épisode 1)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Mathilde Blézat, autrice et journaliste, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage Si on s’arrête, le monde s’arrête : manifeste pour la reconnaissance du travail gratuit, paru en 2026 aux éditions La Déferlante. Ce livre part d’un constat : si les mères, les retraitées, les travailleur·ses de l’aide à domicile et du nettoyage, ainsi que toutes les personnes qui prennent soin des autres faisaient grève, le monde ne fonc

Cracker l'époque
21 mai


L’effort de deuil et de trace dans l’œuvre d’Idir
Détail de couverture © Éditions du Rocher « Donne-moi la flûte et chante Car le chant est le secret de l’existence Et le sanglot de la flûte survivra Quand aura péri l’existence » Gibran Khalil Gibran « Cette petite flûte de nos montagnes Où la liberté s’engouffre S’unit au souffle du monde Et chante » Jean Sénac La force du mythe en littérature réside dans sa capacité, bien paradoxale, à évoquer des mondes qui, peut-être, n’existèrent jamais mais persistent au présent. Ré

Salah Améziane
20 mai


L'Art du mensonge au Forum des Images (jusqu'au 5 juillet)
Art de l’illusion par excellence, le cinéma ne cesse de fabriquer des récits qui troublent, séduisent et déplacent notre rapport à la vérité… pour notre plus grand plaisir de spectateur·ices, consentant sans réserve à l’artifice comme à la fascination des images ! Du cinéma au jeu vidéo, de la bande dessinée à la télé-réalité, la nouvelle thématique du Forum des images, L’Art du mensonge, propose une traversée jubilatoire et intranquille des territoires du doute et des faux-

La rédaction
20 mai


Grégoire Sourice : « Pour continuer à écrire sur le lotissement et faire exister autrement mes avatars sur Le Bon Coin, j’ai compris qu’il fallait aller vers le roman »(SecondeMain)
Grégoire Sourice (c) Adrien Bardi Aucun doute possible : avec SecondeMain, Grégoire Sourice ne signe pas seulement son premier roman mais l’un des romans les plus remarquables de l’année. Paru aux éditions José Corti, ce récit, bref, incisif et elliptique, raconte l’histoire singulière de HB, jeune étudiant revenu chez ses parents, qui retrouve un ami d’enfance qui poste sur un site de revente en ligne, Seconde Main, des objets de toute sorte. Magnétique et ambiguë, leur amit

Johan Faerber
19 mai


La prison de fer sombre au soleil d'une hérésie - Notes sur "Théorie du navigateur solitaire" de Gilles Grelet
Photo du compte Twitter de Gilles Grelet (c) DR Hors du commun La lecture de Théorie du navigateur solitaire m’a rendu moins seul. Non que ma vie soit dépeuplée, ni celle d’un célibataire. Mais me voilà moins seul à oser déclarer une certaine forme de non-appartenance au monde - alors que ne s’affirme aujourd’hui que le contraire : l’appartenance totale, à la Terre ou à la nation, à une identité ou un groupe socio-économique, leur description sociologique valant pour impérat

Frédéric Neyrat
19 mai


Nan Marci : Un récitatif de la survie et de la tendresse (Le Bonheur vient d’en bas)
Nan Marci © site de l’autrice https://www.nanmarci.com « Outre un livre de poésie important, le Bonheur vient d’en bas donne l’impression d’être pris dans le processus d’invention d’une forme rare de subjectivité textuelle. Cette voix ne fait pas un reportage de la souffrance ni de la folie sociale. Elle ne les traite pas en décor ou en hashtag. Elle s’y heurte, s’y érafle, et de ces âpres contacts elle ouvre des béances dans leur matière d’où apparaissent des domaines respi

Federico Calle Jorda
18 mai


Sophie Fontanel : Le retour de la Sultane (Shéhérazade et la 602e nuit)
« Anahide n’avait rien fait d’autre avec moi que de m’ouvrir un destin […] Un livre, ça ne naît pas qu’à un endroit, ca naît d’une gerbe de concordances » (p. 253) Les Mille et une nuits sont un espace de création très particulier : le flou autour de leur naissance et de leur diffusion, leur construction précaire et fragmentée, leur résurrection par la traduction, par le rassemblement des textes et par leur voyage dans plusieurs langues expliquent, en partie, leur exception.

Christiane Chaulet Achour
18 mai


Cracker l'époque : Marc Crépon (épisode 2)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Marc Crépon, Philosophe, directeur de recherches au CNRS et auteur de Régression. Des temps sombres à venir publié début avril 2026 aux éditions Verdier. Nous avons cru certaines violences révolues. Elles reviennent : droits fragilisés, contre-pouvoirs attaqués, espaces critiques menacés. Ce que Marc Crépon appelle « régression » désigne une relégitimation progressive de la violence et de l’inacceptable. Faut-il s’y résigne

Cracker l'époque
14 mai


« Capturer les spectres : les voix fantômes de Sandra Moussempès » Chambre obscura (1994-2026) et Cassandre phonographiée
Sandra Moussempès (c) Corinne Salen Ce printemps, Sandra Moussempès fait paraître aux éditions MF son anthologie, Chambre obscura, une anthologie « augmentée », accompagnée d’une annexe sonore sous forme de QR code, Cassandre phonographiée, d’une préface écrite par la poétesse elle-même, et de six postfaces d’universitaires et d’auteurices. Retraçant trente-deux années d’un parcours poétique marqué par l’étrange et le sortilège, l’énigme et le non-dit, Chambre obscura a la pa

Sasha Auffret
13 mai


« Colette, une grande sœur » : Histoire d’une amitié
J’étais une enfant lorsque, par pur hasard, j’ai rencontré la voix de Colette parmi les nombreux livres de la bibliothèque de mon village, un petit bourg niché entre champs de blé et alignements de peupliers et de tilleuls, entre fontaniles et canaux, avec d’un côté le Pô et de l’autre le Monte Baldo. J’étais une enfant qui ne savait rien de Saint-Sauveur-en-Puisaye, de Châtillon-Coligny, de Rozven, et surtout rien de Paris. Et pourtant, ces noms, si lointains et apparemment

Sara Durantini
13 mai


Camille Ruiz : « Lorsqu’on est assignée à la classe des femmes, on est d’abord une femme, et un chien est d’abord un chien » (Un chien arrive)
Camille Ruiz & Ziggy (c) José Corti Avec Un chien arrive, Camille Ruiz signe un des livres parmi les plus importants de ces dernières années. Paru aux éditions José Corti, ce livre se présente comme une enquête autour de Camille Ruiz et de son chien si singulier, Ziggy avec lequel elle tisse dans son quotidien brésilien un lien affectif très fort. Loin de se limiter à un exploration de la relation maîtresse-chien, cet essai, qui est aussi une prospection biographique, dévoil

Johan Faerber
12 mai


Penelope Lively : Kaléidoscopie existentielle (Moon Tiger)
Détail de couverture Moon Tiger © L’Olivier Claudia a soixante-seize ans et même si elle est hospitalisée et oscille entre veille et éveil, elle reste celle qu’elle a été par le passé – quoique cela recouvre plusieurs versions d’elle-même. Historienne anticonformiste, volontiers frondeuse, femme enveloppée d’un glacis de froideur caustique qui cache des souvenirs brûlants et un cœur qui a battu trop vite, trop fort. Voilà Claudia faite chair grâce à ses mots – la Claudia d’h

Cécile Péronnet
12 mai


Louisa Yousfi : De quelle méthode s’agit-il ? (La Grande méthode)
Louisa Yousfi (c) La Fabrique Une gaouria au pays du père : « - Comment ressaisir les vieilles protections ? Les formules, les gestes, les rituels ? -Il faut les réinterpréter. Non pas les mimer, mais les réactiver ». Louisa Yousfi est journaliste et écrivaine. En 2022, elle a publié Rester barbare. En 2024-2025, elle a été pensionnaire à la Villa Médicis. D’où ce livre. Lorsqu’on consulte le site de son éditeur, on voit le nombre assez impressionnant de rencontres dans tout

Christiane Chaulet Achour
11 mai


Annemarie Schwarzenbach – ange rebelle
Annemarie Schwarzenbach (DR) Avec la publication simultanée d’un recueil d’essais et de quatre inédits relatant les séjours à Paris d’Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) entre 1928 et 1930, les éditions Payot mettent à l’honneur l’ange rebelle[1]. Cette heureuse initiative éditoriale est complétée par une bio graphique témoignant du vif intérêt que suscite tant l’œuvre que le parcours de la célèbre écrivaine et photographe helvétique. Précédemment, le travail de María Castre

Christophe Solioz
11 mai


Cracker l'époque : Marc Crépon (épisode 1)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Marc Crépon, Philosophe, directeur de recherches au CNRS et auteur de Régression. Des temps sombres à venir publié début avril 2026 aux éditions Verdier. Nous avons cru certaines violences révolues. Elles reviennent : droits fragilisés, contre-pouvoirs attaqués, espaces critiques menacés. Ce que Marc Crépon appelle « régression » désigne une relégitimation progressive de la violence et de l’inacceptable. Faut-il s’y résign

Cracker l'époque
7 mai


Agathe Charnet : « Face à la maladie, face à la catastrophe, face au drame, pour retrouver la joie, il faut refaire sens » (Peut-être le hasard)
Agathe Charnet (c) Pierre Morel Agathe Charnet vient de publier son premier « roman », Peut-être le hasard aux éditions Les corps conducteurs. Dans ce récit - dont Cécile Vallée s’est fait l’écho pour Collatéral en mars dernier –, elle revient sur la fin de vie de sa mère, professeure de philosophie, fauchée trop jeune par un Alzheimer précoce. Non seulement, l’autrice redonne à Marie-Pierre toute sa place de mère et de femme, en revenant sur le parcours de combattantes qu’el

Delphine Edy
6 mai


Andrea Warner : « Les filles s’opposent aux pères, les travailleurs aux patrons, les femmes sont solidaires » (On ne laisse pas Bébé dans un coin)
Détail de couverture On ne laisse pas Bébé dans un coin © Hors d’Atteinte (Divulgation : j’ai revu le film Dirty Dancing d’Emile Ardolino avant de rédiger cette notice et bien m’en a fait car je serais autrement passée en partie à côté du texte de Warner). On ne saurait juger d’un livre par sa couverture ou par son titre, mais il est parfois difficile de ne pas tomber dans cette facilité. Ainsi en est-il du dernier livre de Andrea Warner, paru sous le titre The time of my

Catherine Poisson
6 mai


Marielle Hubert : « Mon livre est un lieu de recueillement puisque je ne sais pas s’il existe une tombe où aller déposer mon hommage » (Selon toi)
Marielle Hubert (c) Aurélie Foussard Beau et poignant : tels sont les mots qui viennet à l'esprit pour qualifier le troisième récit de Marielle Hubert, Selon toi qui vient de paraître chez POL. Après Ceux du noir et Il ne faut rien dire, la romancière propose ici de rendre hommage à Pascale Lemée, sa professeure de théâtre : Pascale l'aimée qui, vite, va lui offrir le goût des planches et de la plume. Soeur de Yann Lemée, le Yann Andréa de Duras, c'est aussi à l'oeuvre de Dur

Johan Faerber
5 mai


« Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein revisited »
Détail de couverture, Le Ravissement de Lol V. Stein © Simona Crippa Depuis quelques années, il me semble que des boucles de ma vie se bouclent. J’ai exploré d’abord ce que j’appellerais des champs d’intérêt partiels mais séparés de mon existence. Plus tard, mes périples se sont élargis à des zones plus larges qui se chevauchaient. À présent je me sens prise dans un flux ‘global’ qui se ramifie à nouveau vers des champs anciens, mais irrigués différemment. Tout au long de la

Elke de Rijcke
5 mai


Madeleine Pelletier féministe : la nuance à son radical
Madeleine Pelletier (c) DR Radical. Étymologie : racine. Madeleine Pelletier, dans son féminisme, retourne au radical de la pensée : elle l’enracine dans des prémisses rigoureuses et une finesse chirurgicale, en dépit de ce qui survit de sa réputation de fauteuse de trouble virago : la femme sera libre, ou ne sera pas. Loin d’être une misandre dégainant pistolets et canifs à toute occasion, elle se montre en réalité particulièrement critique et nuancée vis-à-vis du « féminis

Pauline de Toffoli
4 mai


Evelyne Trouillot : Le nom du père, l’origine occultée (Sara Sans-Souci)
Evelyne Trouillot (c) DR Que devient un nom quand nul ne le porte » (p. 24) « Quiconque arrive ici sait que cette vaste demeure fut construite au début du XIXe siècle, pour un roi noir et par des Noirs tout juste sortis de l’esclavage. Ainsi, le voyageur est vite déchiré entre le sentiment de désolation qui façonne le présent de Sans-Souci et la conscience furtive d’une gloire révolue. Il y a si peu à voir ici, et tant à deviner. Quiconque arrive ici arrive trop tard, lon

Christiane Chaulet Achour
4 mai


Cracker l'époque : Frédéric Keck (épisode 2)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Frédéric Keck, philosophe, anthropologue et directeur de recherche au CNRS. Il est l’auteur, avec Héloïse Chochois à l’illustration, de la bande dessinée Les animaux malades des humains. Au procès des zoonoses, publiée le 16 avril 2026 chez La Découverte-Delcourt. Visons, chauves-souris, poules, singes, rats et vaches y sont appelés à la barre pour répondre des crimes dont ils sont accusés : avoir transmis aux humains des mala

Cracker l'époque
30 avr.


Cracker l'époque : Chowra Makaremi (Festival Susurre)
Nouvel épisode enregistré en public le 26 avril 2026 à la Gaîté Lyrique, dans le cadre du festival Susurre. Au micro, Chowra Makaremi, anthropologue, dont le travail tient ensemble, avec une rare justesse, l’expérience intime de la violence et l’analyse des formes contemporaines du pouvoir. Elle a publié en septembre 2025 : Résistances affectives. Les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté (La Découverte). Elle défend une thèse pour le moins terrifia

Cracker l'époque
27 avr.


Cracker l'époque : Frédéric Keck (épisode 1)
Cette semaine, nous avons le plaisir de recevoir Frédéric Keck, philosophe, anthropologue et directeur de recherche au CNRS. Il est l’auteur, avec Héloïse Chochois à l’illustration, de la bande dessinée Les animaux malades des humains. Au procès des zoonoses, publiée le 16 avril 2026 chez La Découverte-Delcourt. Visons, chauves-souris, poules, singes, rats et vaches y sont appelés à la barre pour répondre des crimes dont ils sont accusés : avoir transmis aux humains des mala

Cracker l'époque
23 avr.


Cracker l'époque avec Chowra Makaremi x Susurre Festival à La Gaieté Lyrique, ce dimanche
Retrouvez-nous le dimanche 26 avril à 18h30 au festival Susurre à la Gaîté Lyrique pour un enregistrement en public avec Chowra Makaremi, anthropologue (CNRS), autour de son dernier ouvrage : Résistances affectives. Les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté (La Découverte, 2025). Chowra Makaremi est également l’autrice de plusieurs ouvrages sur la révolution iranienne : Le cahier d’Aziz. Au cœur de la révolution iranienne (Gallimard, 2011) ; avec Hann

Cracker l'époque
23 avr.


Podcast Littératures sur paroles : Rencontre avec Marie Nimier
Dans "Littératures sur Paroles", son nouveau podcast hebdomadaire qui publie l'ntégralité de la 16e édition des Enjeux Contemporains, Collateral dévoile aujourd'hui la très belle rencontre de Marie Nimier avec Morgane Kieffer autour notamment de la question centrale dans son oeuvre du conte. Comme s'élabore une écriture singulière qui mêle étroitement la préoccupation intimiste avec l'exigence de merveilleux du conte ? Comment ses deux fils incitent à un tissage neuf par lequ

Marie Nimier
17 avr.


Cracker l'époque : Laure Lavigne Delville & Aurélien Pascal Commeiras (épisode 2)
Et si la mobilisation citoyenne pouvait faire reculer la bétonisation ? Le 5 décembre 2021, à Saint-Clément-de-Rivière, une foule célèbre une victoire inattendue : l’abandon, par la société Decathlon, derrière laquelle se cache le groupe Mulliez, d’un mégaprojet de construction de village commercial et sportif sur 24 hectares de terres agricoles. Retour sur sept ans de lutte pour le vivant, racontés par Laure Lavigne Delville et Aurélien Pascal Commeiras, autrice et illustr

Cracker l'époque
16 avr.


Eliot Ruffel : « L’écriture est un moyen de me confronter à des choix qui s’imposent dans la narration quand il serait parfois difficile de les faire dans la vie » (Pilote automatique)
Eliot Ruffel (c) Patrice Normand/L'Olivier Une grande et forte réussite : tels sont les mots qui viennent à l’esprit pour qualifier le second roman d’Eliot Ruffel, Pilote automatique qui vient de paraître à L’Olivier. Après le formidable Après ça qui fut l’un des temps forts de la rentrée 2024, Eliot Ruffel revient avec un récit qui sonde à nouveau le malaise conjoint de la masculinité et des jeunes adultes dans ce personnage d’Oscar. Employé comme livreur d’électroménager, l

Johan Faerber
15 avr.


à Hélène Perlant, une lettre de loin
(c) Jean-Michel Devésa Depuis quelque temps, entre nous, chère Hélène, il est beaucoup question de lettres. Et pas seulement parce que désormais nous habitons à mille deux cents kilomètres l’un de l’autre. Ces lettres auxquelles je fais allusion, ce sont celles, « volées », qui traînent sur les manteaux des cheminées et qui demeurent invisibles à la semblance de celle qu’a imaginée Edgar Allan Poe ( The Pulaned Letter , 1844) et du commentaire desquelles bien des psychanalys

Jean-Michel Devésa
15 avr.


Vitaliano Trevisan : De la littérature de chantier (Works)
Vitaliano Trevisan (c) Tiziana Cera Rosco S’il est rare que les esprits de géométrie soient fins, et que les esprits fins soient géomètres, il est des auteurs qui rassemblent, selon une grâce devenue peu courante, une manière d’y mêler le génie technique à l’observation de l’esprit du temps qui faisait, jadis le bonheur de certains esprits de la Renaissance italienne. Avec une longueur de retard sur celle-ci, l’oeuvre de Vitaliano Trevisan, Works, parue en 2016 chez Einaudi

Edouard de Montvalon
14 avr.


Pablo Gubitsch : Quand les mots photographient le réel (Quitter Forbach)
Pablo Gubitsch (c) Hippolyte Cail Quitter Forbach est l’œuvre d’un primo-romancier, né en 1998, que la présentation de l’éditeur résume parfaitement : « Pablo a quitté Forbach, une petite ville du bassin minier lorrain, en 2017. Ses notes sont au cœur de ce récit, dans lequel il tente de maintenir en vie un passé pas si lointain mais déjà disparu, fait d’anecdotes, d’excitation, d’histoires incomplètes, d’espoirs et de désillusions. » C’est aussi une œuvre qui en évoque de

Jan Baetens
14 avr.


Sarah Kechemir : Réenchanter le quotidien dans le fracas algérien (La vie au-dedans)
Sarah Kechemir (c) DR Premier recueil de nouvelles qui ont pris le temps de la maturation et du dépouillement, La vie au-dedans de Sarah Kechemir raconte les vies presque ordinaires de femmes algériennes et leurs luttes quotidiennes pour réclamer leurs voix. Pas de grandiloquence dans l’écriture de Sarah Kechemir, mais un effort constant pour donner à entendre des voix intérieures malmenées par les pressions sociales et les bouleversements de l’histoire. La vie-au-dedans ,

Walid Bouchakour
13 avr.


Maïssa Bey, trente ans de création
Maïssa Bey (c) DR C’est la couverture originale par son titre et son regard de l’album édité en 2008, préfacé par Maïssa Bey, que je propose à l’initiale de cet article ; regard original par rapport à ce que l’on entend habituellement sur l’Algérie : « Claire et Reno Marca sont allés à la découverte de l'Algérie d'aujourd'hui une Algérie colorée, surprenante, fraternelle, chaleureuse, vibrante de générosité et riche d'une diversité culturelle infinie ». Il ouvre ainsi le col

Christiane Chaulet Achour
13 avr.


Podcast Littératures sur paroles : Conférence de Marc-André Selosse
Dans "Littératures sur Paroles", son nouveau podcast hebdomadaire qui publie l'ntégralité de la 16e édition des Enjeux Contemporains, Collateral dévoile aujourd'hui la très forte conférence de Marc-André Selosse sur l'affrontement aux enjeux environnementaux qui nous assaillent urgemment de toute part . Comment prendre ou reprendre la parole après l'avoir interdite au vivant pendant des siècles sinon des millénaires ? Comment continuer à parler pour la nature sans se substitu

Marc-André Selosse
10 avr.


Cracker l'époque : Laure Lavigne Delville & Aurélien Pascal Commeiras (épisode 1)
Et si la mobilisation citoyenne pouvait faire reculer la bétonisation ? Le 5 décembre 021, à Saint-Clément-de-Rivière, une foule célèbre une victoire inattendue : l’abandon, par la société Decathlon, derrière laquelle se cache le groupe Mulliez, d’un mégaprojet de construction de village commercial et sportif sur 24 hectares de terres agricoles. Retour sur sept ans de lutte pour le vivant, racontés par Laure Lavigne Delville et Aurélien Pascal Commeiras, autrice et illustra

Cracker l'époque
9 avr.


Entretien avec Lénaïg Cariou : "Prendre langue"
Lénaïg Cariou (c) DR les dires de Lénaïg Cariou sont nés d’un projet d’entretiens radiophoniques, avant de devenir une série de poèmes conversationnels. Ils proposent de travailler la parole recueillie comme un matériau, de faire de la poète non pas seulement celle qui parle, mais celle qui écoute, et retranscrit. Dans la retranscription poétique, des paroles se perdent, d’autres se modifient : c’est un résidu de paroles, passées au crible de la mémoire. Des traces de dia

Raphaël Sigal
8 avr.


Ocean Vuong : Parce que « la vie est belle » (L’Empereur de la joie)
Ocean Vuong (c) DR Hai – la « mer » en vietnamien – est arrivé dans le Connecticut à deux ans. Désormais jeune homosexuel, aspirant écrivain, endeuillé de bientôt vingt ans, « au beau milieu de la nuit de l’enfance », il n’arrive pas à se passer de la douce torpeur promise par la « magie des comprimés » opioïdes-poison. Il pleure Noah, mort trop tôt, et sa mère dont il s’est éloigné par crainte de la décevoir une nouvelle fois. Celle qui travaille dans un salon de manucure d

Cécile Péronnet
8 avr.

















































